Dvanov et son compagnon, Kopionkine, monté sur un cheval nommé Force du Prolétariat, parcourent la Russie en quête de “ la génération spontanée du socialisme ”. Leur errance les conduit à Tchevengour. “ Ici, c'est le communisme et vice versa ”, leur annonce Tchepourny, responsable de la bourgade et apôtre d'une utopie nouvelle. Sans avoir jamais lu Marx, Tchepourny a conçu le plan d'une communauté idéale. Pour le réaliser, il a massacré les bourgeois et interdit le travail. A Tchevengour, seul le soleil travaille… L'utopie se révèle être un ironique échec, et “le soleil se lève sur l'indigence du pays”.
Terrible bouquin qui fait vaciller ma foi communiste, merci à qui de droit.
Heureusement, je n'ai pas la foi.
Et c'est plutôt le bolchévisme que le communisme à proprement parler.
Et j'ai pas mal de problème avec la dérive léniniste du projet initial, sans parler des autres forks (stalinisme et trotskyme, tous basés sur un modèle militariste, autoritaire, centralisé, pour qui l'autoritarisme prime sur la liberté et la démocratie).
L'excellent Jean-Jacques Bonvin met le doigt sur la plaie:
“Les bolcheviques ont au moins réussi une chose après 1917: la transformation du prolétariat en lumpenprolétariat, classe des voyous illuminés, adorateurs de l’entropie, impropres dans leur paresse à tout bond en avant. C’est à eux que Platonov donne la parole.”
La bio de Platonov est assez édifiante: “En mai 1938, son fils Platon est arrêté et incarcéré. Il est libéré en 1940, grâce à la mobilisation des amis, mais souffrant de tuberculose meurt en janvier 1943. […] Il (Platonov père donc) est mort le 5 janvier 1951 à Moscou d'une tuberculose contractée auprès de son fils qu'il soignait à son retour de l’incarcération.” Source: wikipédia