Richard III au Loup

"A horse! a horse! my kingdom for a horse!"
J'avais vu en 1995, monté par Langhoff, un Richard III campé par un Marcial di Fonzo Bo démentiel, crachant des framboises sur scène, intriguant et mystérieux. Magnifique. Donc je partais sceptique.
En sus, pour être honnête, Valentin Rossier c'est pas ma tasse de thé. Il se sent toujours obligé de se mettre en scène dans des postures qui se veulent drôles et restent désespérément grotesques. Mais il faut avouer qu'il y a un beau travail sur cette pièce, et surtout des interprètes maginifiques.
Si les premières minutes je suis dubitatif sur le jeu de Karim Barras, peu à peu son personnage émerge, et le monologue final* est juste superbe. Marie Druc est très convaincante aussi, de même que le reste des comédiens, à l'exception de Mariama Sylla, qui massacre le monologue de Lady Anne (acte I, scène II) que c'en est tragique.
Donc à voir, tout à fait, malgré les réserves. Et surtout, faire marcher le café-bar du Loup, le seul à ma connaissance avec un personnel (surtout le grand barbu) aimable, et je m'y connais, en bar de théâtre!

Richard III
de W. Shakespeare Helvetic Shakespeare Company Genève ATTENTION : NOUVELLES DATES !!! Du 16 novembre au 4 décembre 2010 Mardi, mercredi, vendredi à 20h Jeudi et samedi à 19h Dimanche à 17h Relâche le lundi Durée du spectacle : 2h15 sans entracte
La Famille d’York vient de conquérir le royaume d’Angleterre. Henri VI a été tué, Edouard IV règne. Son frère, Richard de Gloucester, monstre difforme supporte mal le temps de la paix... il en sera le trouble-fête tragique. Il entame une sanguinaire marche au trône en faisant assassiner son frère Clarence, puis, son autre frère, le roi lui-même. Dès lors, il va se débarrasser de tous les gêneurs - ennemis comme amis -, avec beaucoup de facilité : C’est que Richard joue à merveille la comédie. L’ horreur de Richard III n’est pas Richard, mais bien le monde qui l’entoure. Messie du mal, porteur des maux de l’humanité, devenu difforme avant l’heure, écrasé par le poids des pouvoirs conquis par le sang, il régnera et périra par le sang. Marionnette morbide, il tisse les fils rouges de sa propre impuissance à changer un monde chaotique. Peu importe que ce soit par le bien ou le mal, Richard désire l’ordre bien plus que le pouvoir.
Mise en scène Valentin Rossier
Avec Karim Barras Vincent Bonillo Marie Druc François Florey Christian Gregori Pietro Musillo Guillaume Prin Valentin Rossier Mariama Sylla
Scénographie Jean-Marc Humm
Lumière Jonas Bühler
Création son François Planson
Régisseur son Fernando de Miguel
Régisseur général Ian Durrer
Maquillage – Perruques Katrine Zingg
Costumes Nathalie Matriciani
Relations publiques Erika Titus
Administration Beatrice Cazorla
Le monologue finale de Richard:
Give me another horse: bind up my wounds. Have mercy, Jesu!--Soft! I did but dream. O coward conscience, how dost thou afflict me! The lights burn blue. It is now dead midnight. Cold fearful drops stand on my trembling flesh. What do I fear? myself? there's none else by: Richard loves Richard; that is, I am I. Is there a murderer here? No. Yes, I am: Then fly. What, from myself? Great reason why: Lest I revenge. What, myself upon myself? Alack. I love myself. Wherefore? for any good That I myself have done unto myself? O, no! alas, I rather hate myself For hateful deeds committed by myself! I am a villain: yet I lie. I am not. Fool, of thyself speak well: fool, do not flatter. My conscience hath a thousand several tongues, And every tongue brings in a several tale, And every tale condemns me for a villain. Perjury, perjury, in the high'st degree Murder, stem murder, in the direst degree; All several sins, all used in each degree, Throng to the bar, crying all, Guilty! guilty! I shall despair. There is no creature loves me; And if I die, no soul shall pity me: Nay, wherefore should they, since that I myself Find in myself no pity to myself? Methought the souls of all that I had murder'd Came to my tent; and every one did threat To-morrow's vengeance on the head of Richard.