Seule la mer, Amos Oz – Denis Maillefer – Théâtre en Flammes

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Il y a Albert, qui vient de perdre sa femme et se retrouve seul. Il y a Bettine, elle aussi seule depuis la mort de son mari, et inquiète pour Albert. Il y a Rico, qui vient de perdre sa mère et qui s’enfuit au Tibet pour vivre son chagrin et se retrouver. Il y a d’autres personnages encore, Dita, Guigui, Doubi, tous en recherche les uns des autres, tous en lutte contre leur solitude, tous en butte aux mêmes insondables questions: comment vivre? pourquoi vivre? comment et pourquoi aimer?

Seule la mer est d’abord un roman. C’est une succession de poèmes en prose ou en vers, un chassé-croisé de voix et d’histoires qu’un narrateur tisse tout en nous parlant de lui-même. D’un texte à l’autre, on passe de l’intimité d’une chambre aux montagnes du Tibet, du bureau de l’auteur à un paysage marin. Denis Maillefer transforme l’œuvre littéraire en un spectacle musical. Il reste fidèle à la poésie d’Amos Oz, à sa générosité, à son humanité, à l’esprit très proche de Tchekhov de l’écrivain israélien, tout en transportant son univers dans une forme théâtrale ciselée avec la rigueur et la délicatesse qu’on lui connaît. La musique et les chansons de Billie Bird, jeune compositrice lausannoise, y tiennent une large place. Une très belle promesse.

À la sortie de la pièce, je n'étais pas convaincu du texte, mais après une nuit je me rends compte qu'il m'a touché. La musique est affreuse, les chansons de Madame Bird acceptables. La scénographie est juste époustouflante, bravo.

À un moment, un personnage nous narre l'histoire du décès d'un marchand russe sur la route de la soie, un beamer (abondamment et fort intelligemment utilisé, comment appelle-t-on cette technique déjà?) projette une chute de gros flocons de neige, j'étais juste perdu, c'était merveilleux.

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  • Dernière modification : 2023/12/18 08:23
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