Jerry Stahl, À poil en civil
Résumé
« … Il faut commencer par leur dire qu’on a les photos des couilles du Président George W. Bush… Après, on leur parle du visage lunaire et souriant dessiné dessus, et ensuite, on leur dit qu’elles sont super gonflées et à cinq centimètres de la bouche de Madame la maire. Une fois qu’ils auront assimilé tout ça, on doit s’assurer qu’ils paient en liquide… »
Tout commence avec une photo compromettante de George W. prise dans l’ivresse d’une fin de soirée, lors d’une convention du Parti républicain. Cet objet de chantage a atterri entre les mains de Tony Zank, un minable malfrat constamment allumé au crack, qui n’a rien trouvé de mieux que de la dissimuler sous le matelas de sa mère, pensionnaire de la maison de retraite Le Septième Ciel, dans la ville de Haut-Marilyn, une bourgade artificiellement crée par des promoteurs immobiliers au sud-ouest de Pittsburgh.
Mais la photo disparaît. Tony, accompagné de son complice McCardle, un Africain américain très petit et très musclé, surnommé « le Dino noir » en raison de sa ressemblance frappante avec Dean Martin, bouscule son octogénaire de mère pour savoir qui avait accès à son lit. Avant qu’il ne la lâche du quatrième étage de la maison de retraite, la vieille dame a le temps de lui dire qu’elle soupçonne une jeune et belle infirmière, Tina Podolski.
Au même moment, la Tina Podolski en question est en train de saupoudrer les céréales de son mari d’un mélange composé d’une ampoule électrique réduite en miettes et d’une bonne dose de soude liquide ; en effet, elle ne supporte plus ses incantations psalmodiées, cœur de son nouveau « Mantra du Millionnaire », destiné à racoler sur le Web des clients New Age prêts à tout pour être à la fois riches et cosmiques. Le résultat ne se fait pas attendre : le mari se met à baver dans toute la cuisine, au point que la police craint la rage.
Note Fred
Je ne sais pas trop quoi penser de ce bouquin. Critique sociale plutôt réussie, les deux méchants sont convainquants et plutôt drôles, par contre le flirt entre la belle Tina et le gentil-sensible-keuf-qui-a-eu-des-problèmes-d'héroïne-mais-cherche-a-s'en-sortir-avec-des-cachets est mezzo. Avec, au final, un sentiment un peu classique et pas si iconoclaste que cela.
Ceci dit, on se marre bien et on passe, en définitive, un assez bon moment. Notamment dans les descriptifs des crackeurs que Stahl connaît visiblement bien et qu'il transforme, de tragédie, en tragicomédie, avec une pointe burlesque plutôt réussie.