Orgie de McKinty
McKinty, c'est le pied!
Pour ma dernière semaine de vacances, passée aux Ravières, j'ai passé pas mal de temps à faire connaissance des déchetteries du coin pour débarasser le m… accumulé depuis sans doute une vingtaine d'années, du jardinage, de petites ballades et surtout une orgie de lecture, car j'ai découvert un auteur irlandais qui m'a complètement pris, alors j'ai fait une plongée immersive dans l'univers génial d'Adrian McKinty.
Trilogie Michael Forsythe
Sacrément violent, mais aussi sacrément rapide et génial! Michael Forsythe
À l'automne, je serai peut-être mort
Résumé
Michael est un jeune Irlandais peu scrupuleux, qui émigre aux États-Unis. Pour survivre, il entre au service d'un gangster pour le compte duquel il accomplit de sordides missions punitives. Il convoite bientôt la maîtresse de son patron, dont il est tombé amoureux. La belle, qui n'est pas née de la dernière pluie, cède sans résister. Un crime impardonnable! Devenu soudain l'objet d'une vengeance plus que vicieuse, Michael, avec quelques camarades, se retrouve brutalement plongé en enfer, c'est-à-dire au fond d'une immonde prison mexicaine où la police les jette sur la base d'une accusation fallacieuse. Dans Cette bâtisse construite au milieu d'une jungle marécageuse, l'horreur s'installe, car les conditions de vie s'y révèlent infectes et dangereuses. On les passe à tabac. L'épuisement les gagne. Michael n'a qu'une idée : s'échapper à tout prix pour venger ses amis, dût-il en être à jamais marqué dans sa chair… Sur un rythme terriblement rapide, Adrian McKinty nous entraîne dans une effroyable course à l'abîme. Pas une seconde de répit: Michael doit lutter à chaque instant pour survivre, car tout ce qui l'entoure - le milieu naturel, les êtres humains - se montre hostile. Dans de telles conditions, cet homme aussi seul et abandonné va-t-il réussir à s'en sortir ?
Note Fred
Pour la mise en bouche, on campe Forsythe en gangster féroce, soumis à un stress inoui ou les cliffhangers se chevauchent à un rythme effrené.
Le Fils de la Mort
Résumé
Le Fils de la Mort s'ouvre sur une émeute entre hooligans anglais et irlandais à l'issue d'un match de football en Espagne. En vacances sur place, Michael Forsythe, un ancien malfrat retourné par le FBI ayant permis l'arrestation d'un gang de mafieux bostoniens, est arrêté en marge de ces violences. Alors qu'il risque une lourde peine de prison, une agente des services secrets britanniques du MI6 lui propose un marché qu'il ne peut refuser s'il veut retrouver un jour la liberté. Nous sommes en 1997 et l'IRA est sur le point d'annoncer un cessez-le-feu avec les forces armées britanniques. Le MI6 soupçonne certaines cellules dormantes établies aux Etats-Unis de refuser cet état de fait et de lancer une campagne terroriste sur le sol américain. La mission de Michael est simple: infiltrer les “Fils de Cuchulainn ”, un groupe de vieux Irlandais en exil basé dans les environs de Boston. Tout semble se passer pour le mieux jusqu'à ce que Michael tombe amoureux de la fille de Gerry McCaghan, le leader du groupe… Un rythme endiablé, des dialogues qui mettent dans le mille, un humour brillant, l'un des héros les plus mémorables de toute la littérature noire: le nouveau roman d'Adrian McKinty confirme sa réputation d'étoile montante du roman noir américain.
Note Fred
L'auteur expose une très bonne connaissance de l'histoire irlandaise, dans ce 2e volume de la saga Forsythe; si le pitch initial est peu convaincant, on est ensuite parfaitement ferré et il n'est plus possible de lâcher ce roman qui roule à 200 à l'heure.
Retour de flammes
Résumé
Tous ceux qui ont croisé son chemin vous le diront: Michael Forsythe est increvable. Mais cela ne semble malheureusement pas décourager les mauvaises volontés de ses poursuivants qui veulent lui faire la peau depuis qu'il a témoigné une dizaine d'années plus tôt contre la mafia irlandaise de Boston.
Caché par le FBI dans le cadre du programme de protection des témoins, Michael vit sous une fausse identité dans la ville de Lima, au Pérou. Mais Bridget Callaghan, dont il a abattu le fiancé douze ans plus tôt et qui a repris les rênes de la mafia de Boston, a réussi à retrouver sa trace.
Aussi, quand ses tueurs tendent le téléphone à Michael pour qu'il lui parle, croit-il qu'elle souhaite simplement le narguer ?
En réalité, plongée dans le désespoir par la disparition de sa fille, Bridget veut donner à Michael une occasion de se racheter. Tout ce qu'il a à faire, c'est rentrer en Irlande et retrouver sa gosse, qui vient de se faire kidnapper. S'il la sauve, il pourra vivre. Il ne lui reste plus que 24 heures chrono…
Note Fred
“Quand il essaie de se redresser, je lui mets une baffe en travers de la figure. Projeté contre le mur, il s’écroule sur le flanc, dans le caniveau. Un revolver vide est tombé de la poche intérieure de sa veste. Coup de bol, un .38. C’est pour la même raison qu’on achète des PC plutôt que des Mac. Merdiques mais omniprésents.”
On traverse l'océan avec Forsythe pour retrouver la terre de ses ancêtres - et celle de l'auteur.
À nouveau, l'humour grinçant est bien là, et si ça saigne pas mal, il y a aussi du bon, du très bon, que ce soit au niveau de l'histoire de l'indépendance irlandaise ou plus généralement, de morale et philosophie. Et découverte de la Petcheneg, mitrailleuse soviétique vraisemblablement largement utilisée par l'IRA.
Ouïe.
Série Sean Duffy
Après le gangster-rangé-des-bagnoles-contraint-à-devenir-un-infiltré, voici les aventures de Sean Duffy, flic catholique qui bosse pour la traître police britannique, en pleine guerre d'Irlande, dans les 80's. Et on y découvre aussi un mélomane, qui passe de Shostakovitch à Joy Division (c'est peu dire si je me suis identifié).
Une terre si froide
Résumé
1981, Carrickfergus, Irlande du Nord. Le gréviste de la faim Bobby Sands vient de mourir et la région est sous haute tension. C’est dans ce contexte oppressant que le sergent Sean Duffy est appelé d’urgence pour résoudre une étrange enquête : un homme a été retrouvé dans un terrain vague, une main coupée. La victime est un homosexuel notoire. Un mobile suffisant ?
Puis une deuxième victime est découverte, présentant les mêmes sévices. Aurait-on affaire au premier serial killer de l’histoire du pays ? Duffy sait toutefois que les apparences sont souvent trompeuses, lui qui incarne un paradoxe en Ulster : il est flic et catholique.
Adrian McKinty réussit le pari de faire vivre la violence de la guerre civile en même temps qu’il nous entraîne au cœur d’une enquête palpitante, maniée avec un humour noir si cher aux Irlandais.
Note Fred
Non seulement l'auteur est excellent mais c'est aussi un maître du polar classique, à intrigue. Waouh!
Et toute cette musique!
Dans la rue j'entends les sirènes
Résumé
Sean Duffy sait que le crime parfait n’existe pas. Toutefois, un torse à l’abandon dans une valise n’est pas loin de l’évoquer. Il suffit souvent d’un indice infime pour faire basculer une enquête… Un tatouage.
Sean Duffy, remis de l'attentat qu’il a essuyé dans sa dernière affaire, n’a plus qu’à suivre le fil rouge, la trace de sang – si ténue soit-elle – qui lie toujours un corps à son meurtrier.
Des rues sous haute tension de Belfast à la lande irlandaise, Duffy ne laisse aucune piste au hasard et ne se départit jamais de son sens de l’humour, même dans les moments de plus grand doute…
Note Fred
Des hélicoptères de l’armée volent bas au-dessus de l’anse, des sirènes geignent dans le comté de Down, on distingue le boum-boum lointain des mortiers ou des bombes. La ville est couverte d’un linceul de fumée de cheminées, et le cinéaste, comme d’habitude, la filme en 8 mm noir et blanc. Ainsi se présente Belfast en cette quatorzième année de guerre civile rampante que, par euphémisme, les autorités nomment les Troubles.
Cet extrait nous donne bien l'ambiance plombée de ce 2e volume de la série “Duffy”, tout aussi réussi que le premier.
Chez moi, je me prépare une vodka gimlet dans une pinte, pioche au hasard dans mes conserves de soupe puis, avec infiniment plus de soin, choisis une sélection de disques qui me durera la soirée : Unknown Pleasures de Joy Division, Bryter Layter de Nick Drake, et After the Gold Rush de Neil Young. Ouais, mon humeur, c’est ça. […] Je me prépare une autre vodka gimlet, la bois, éteins le feu sous la soupe, et mets Bryter Layter sur répétition d’album, avant de me raviser. Nick Drake, comme l’héroïne ou le Marmite, il ne faut pas en abuser.
Ah et un vieux Buggles plutôt pas mal!
Ne me cherche pas demain
Résumé
Carrickfergus, près de Belfast, septembre 1983, en plein conflit nord-irlandais. L’inspecteur Sean Duffy, l’un des rares catholiques au sein de la police royale d’Ulster, est radié sur la base de fausses accusations (en réalité pour avoir royalement emmerdé le FBI…). Au même moment, Dermot McCann, expert artificier de l’IRA et ancien camarade de classe de Duffy, s’évade de prison et devient la cible principale des services de renseignements britanniques.
Le MI5 extirpe alors Duffy de sa retraite alcoolisée afin que ce dernier les aide à traquer McCann. Mais pour débusquer la cachette du fugitif, l’ex-inspecteur devra d’abord résoudre une énigme en chambre close. Sa quête le mènera finalement à Brighton, où se trame une tentative d’assassinat sur le Premier ministre britannique, Margaret Thatcher.
Cette enivrante double enquête, magistralement conduite, doit beaucoup à la personnalité hors normes de cet inspecteur brut de décoffrage qui séduit dès les premières pages. Son humour noir mordant, ses réparties cinglantes, son esprit mélancolique, sa culture musicale et littéraire impressionnante et son autodérision sans borne font de lui un compagnon de route irrésistible. Le troisième volet – complètement indépendant – de la série “Sean Duffy” est une merveille du genre.
Note Fred
Non seulement c'est toujours aussi excellent, mais en plus on a une fine analyse politique du néo-libéralisme thatcherien (faut-il rappeler que c'est la Dame de fer qui est à l'origine de la mise en place de ce foutu système dans lequel nous sommes plongé depuis plus de 4 décennies, bien avant un foutu acteur américain!).
Des promesses sous les balles
Résumé
1985, Carrickfergus, près de Belfast. Dans l’atmosphère électrique des Troubles, Sean Duffy reprend du service au sein de la RUC, la police d’Irlande du Nord. Au milieu de la nuit, le téléphone sonne, son collègue lui demande de l’aide sur une sombre affaire : le jeune Michael Kelly a-t-il vraiment tué ses parents avant de se jeter du haut d’une falaise ? Tout semble confirmer cette hypothèse mais Sean Duffy flaire quelque chose de louche. Doit-il écouter son instinct, quitte à s’attirer des ennuis ? Malgré les avertissements, il se refuse à abandonner et poursuit coûte que coûte cette enquête qui pourrait le mener à sa perte.
Note Fred
Un flic obstiné qui préfère, en bon socratique, la quête de la vérité aux palmes et honneurs. Et une belle démonstration de l'imbrication entre terrorisme, capitalisme, louches manoeuvres des puissances politiques et nationalisme désuet.
Et rétablir la peine de mort pour le ou la graphiste responsable de la couv.
Mais y'a pas de du punk, l'auteur est un éclectique qui apprécie aussi la musique contemporaine, comme ce compositeur japonais que ne connaissais pas du tout, Toru Takemitsu
Autres polars
Je n'en ai lu pour le moment qu'un seul mais il vaut le détour!
La Chaîne
Résumé
VICTIMES. SURVIVANTS. RAVISSEURS. CRIMINELS. VOUS SEREZ TOUT CELA À LA FOIS.
Le téléphone sonne. Un inconnu a kidnappé votre enfant. Pour qu’il soit libéré, vous devez enlever l’enfant de quelqu’un d’autre. Votre enfant sera relâché quand les parents de votre victime auront à leur tour enlevé un enfant. Si un chaînon manque : votre enfant sera tué. VOUS FAITES DÉSORMAIS PARTIE DE LA CHAINE. VOUS N’ÊTES PAS LES PREMIERS. VOUS NE SEREZ CERTAINEMENT PAS LES DERNIERS.
“C’est rien de moins que Les Dents de la mer pour les parents.” Don Winslow
Note Fred
Oubliez le commentaire de Don Winslow, que je n'apprécie guère comme auteur non plus mais qui d'après la postface est un excellent pré-lecteur de polars (ce que je veux bien croire): on a affaire ici à un petit chef d'oeuvre du suspense, où l'auteur nous rappelle aussi qu'il a étudié la philosophie à Oxford.
Et je suis pas un fan de Led Zep mais faut avouer que le riff d'ouverture de ce morceau est assez réussi: