++ Auður Ava Ólafsdóttir, Éden
Résumé
Alba rentre d'un colloque de linguistes à l'étranger. Passionnée par les langues minoritaires et par la puissance évocatrice des mots, elle est aussi relectrice-correctrice, et le manuscrit d'un jeune poète l'attend, un ancien étudiant avec lequel elle a eu une aventure. En atterrissant à Reykjavík, elle s'interroge sur tous ses voyages dans les coins les plus reculés du monde. Combien d'arbres lui faudrait-il planter chaque année pour compenser son empreinte carbone ? Des langues sont en voie d'extinction, mais en Islande les arbres ont déjà disparu.
Sur un coup de tête, elle achète un terrain de sable noir et de lave, au fin fond de l'Islande aride et désertique, avec une maison délabrée. Rien n'est censé pousser là, mais Alba décide de passer à l'action. Elle change de vie, quitte la ville et les cercles littéraires pour planter des bouleaux, cultiver un potager. Elle se lie aux villageois et accueille Danyel, un jeune réfugié.
Ode à la langue islandaise et au retour à la nature, Éden est un roman plein de fraîcheur, tout en simplicité et en délicatesse.
Note Fred
Ma douce a laissé traîner ce petit bouquin et je me suis dit “bah, essayons, un de ces trucs islandais, bof!”.
Et au bout de trois pages j'ai été happé par un humour aussi cinglant que le noroît1), une écriture précise et ciselée qui vous en dit juste assez pour comprendre, juste pas assez pour rêver.
Il y a une grand part d'ironie et d'autodérision - ah, le poète maudit qui la poursuit avec ses sextapes et le titre toujours changeant, et toujours aussi pompeux de son recueil de rimailleur, on se marre franchement.
C'est aussi une ode à la langue, aux langues, aux mots - j'adore quand la narratrice perd son attention pour se perdre dans le sens d'un mot précis.
Mais ce n'est pas qu'un bouquin de lettreux, c'est aussi un beau livre sur l'exclusion, et un bon manuel de jardinage et de sylviculture.
Extrait
“Mon père m’appelle, je laisse de côté Mon chat, Sartre, et le fichier Excel (j’ai mis une note entre parenthèses à propos du titre, le chat s’appelle-t-il Sartre ?), premier roman d’un jeune auteur dont le recueil de nouvelles a reçu d’excellentes critiques.”
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- Auður Ava Ólafsdóttir (wikipédia)