Cathartiques lectures

Cathars expelled

Titre trompeur: ne pas confondre cathartique, qui vient de la catharsis grecque, et catharisme (du grec καθαρός / katharós, « pur »), c'est juste de l'homophonie !

Ici on est bien dans la secte chrétienne de lointaine origine bulgare (voir bogomilisme) qui a donné naissance à la première inquisition et à la croisade contre les Albigeois - en gros, le 1er génocide commis par les cathos qui n'en resteront pas là. Faut avouer que les monothéismes et les massacres, ils s'aiment bien.

Donc, pour la préparation du cathartique Sentier cathare - GR 367, j'avais préparé une petite bibliographie que je livre ici - l'essentiel, ce qui était trop mauvais, notamment un polar historique, je l'ai juste jeté et déjà oublié (non, faut quand même dire: Angélus, de François-Henri Soulié - mais ne me jeter pas de godasse, peut-être que les amateurs de polars historiques aimeront, moi c'est rarement mon truc!). Et j'avoue, je n'ai pas lu Les cathares de Renaud Thomazo, juste parce que j'ai pas eu le temps et qu'au bout d'un moment, même les veggies cathares gavent.

Il y a huit cents ans, les Cathares, une communauté de chrétiens hérétiques de tous les horizons de la société, haute et basse, prospère dans le Languedoc, dans le sud de la France. Leurs croyances “subversives” amènent sur eux la colère des papes, des seigneurs et des monarques et va provoquer une croisade brutale qui durera plus de 20 ans. La défaite finale des Cathares, horrible, précipitera dans les flammes nombre d'hommes, de femmes et d'enfants des villages du Sud-Ouest de la France. Qui étaient les Cathares ? Qu'avait de particulier leur foi dualiste ? Pourquoi les papes, les barons et les rois les ont-ils persécutés ? En quoi cette croisade contre les Cathares est-elle différente de celles menées en Terre Sainte ? Quelles répercussions a-t-elle eu sur le plan politique et religieux dans la France médiévale ? Les Cathares sont les chroniques de la vie et de la mort du mouvement cathare, dirigé par un groupe de chrétiens hérétiques dont la répression brutale par l'Eglise catholique va déclencher l'Inquisition créée en1231 dans le but de convaincre tous mouvements divergents de revenir vers la foi catholique, apostolique et romaine. On y découvre les seigneurs ennemis de la France médiévale, parmi lesquels Simon de Montfort et Raymond Trencavel, sur les lieux mythiques de la croisade albigeoise : Carcassonne, Béziers ou encore Montségur. Avec ce livre absolument passionnant, on plonge dans le Moyen-Age. On apprend ce qu'était la foi cathare, une croyance en un monde dualiste articulé par un Dieu ambivalent, bon et mauvais. Et derrière les persécutions fomentées par l'Eglise romaine (le pape Innocent III) qui arme les seigneurs (le roi Philippe II refuse de participer) pour la croisade, on découvre la guerre menée par les vassaux du Nord pour la suprématie, et pour mater les seigneurs du Sud. Si on y découvre le fanatisme religieux qui a alimenté le massacre, on y découvre aussi les machinations pour faire bouger la carte politique de la France du XIIIe siècle. Dans notre monde actuel où fanatismes, intégrismes et manipulations politiques ont cours, les histoires du passé font réfléchir.

Note Fred: pas mal, didactique et tout et tout…

Bon, c'est un QSJ et je n'ai pas trop compris pourquoi l'auteur prend plaisir à rallonger le passage sur le dualisme et le manichéisme si ce n'est pour nous montrer qu'il est très cultivé, mais bah, l'auteur est mort, faut le respecter, ceci dit c'est une bonne intro, sans trop de finesse, comme d'hab avec les QSJ me direz-vous et je ne vous donnerai pas tort car il tue.

Dans la vénérable série des journées qui ont fait la France, entre Giono, Edgar Faure et François Mitterand on trouve cet ouvrage remarquable de Zoé Oldenbourg. Elle y analyse la “croisade” contre les Cathares menée par l’Église défaillante dans un Languedoc étonnamment moderne.

Avec force détails elle montre le mécanisme qui amène la Papauté à déclencher une croisade violente et sanglante contre le pays du Languedoc, mené par le Comte de Toulouse et alors très indépendant du Royaume de France.

Elle étudie à la fois les hérésies (Cathares, Vaudoises, etc.) en les remettant dans leur contexte historique et international et montre à quel point l’Église était remise en cause en Languedoc.

Elle montre enfin comment le Roi de France, futur Saint-Louis vient tirer les marrons du feu après plusieurs années de violences régulières. Ceci explique à quel point cet événement fait partie des dates constitutives de la France, car c’est le Languedoc qui va donner une teinte latine à un royaume encore très «Franc» à ce moment.

L’injustice et la haine qui ont dirigé cette croisade ne rehausse pas le blason de l’Église et de la Papauté. On voit bien sur ce malheureux bûcher à quel point le pouvoir temporel est recherché par une Église dévoyée.

Avec un ton très simple et pourtant très fouillé, Zoé Oldenbourg parvient à nous expliquer tous ces éléments et à nous en faire comprendre les enjeux.

J'ai bien sûr gardé le meilleur pour la fin.

Je ne connaissais pas la très belle et étrange historienne franco-russe Zoé Oldenbourg

à noter: sur toutes ses photos elle a un clope à la main et elle a quand même vécu 106 ans!

Clairement, son bouquin sort du lot: sans doute la finesse - ou le machiavélisme russe, c'est selon, en tout cas on comprend mieux les ficelles du catharisme, sans partir dans le gros manichéisme des sombres forces du mal (la papauté, l'Inquisition etc.) opposés à la lumière des Justes - bref, à la vision spielbergienne des autres bouquins, on plonge mieux dans cette complexe société.

Montaillou : petit village de montagnards et de bergers en haute Ariège, à 1 300 mètres d'altitude. En 1320, Jacques Fournier, évêque de Pamiers, plus tard pape d'Avignon, y déploie ses talents d'inquisiteur. Maigret avant la lettre, Jacques Fournier finit par déterrer tous les secrets du village. Rien n'échappe à cet évêque fureteur, ni les vies intimes, ni les drames de l'existence quotidienne. En s'appuyant sur cet extraordinaire document de Jacques Fournier, sorte de roman vrai du petit peuple du XIVᵉ siècle, Emmanuel Le Roy Ladurie ressuscite, en utilisant les méthodes historiques et ethnographiques les plus actuelles, la réalité occitane et cathare d'il y a six cent cinquante ans.

Last but not least, le grand classique, qui pose une brique fondatrice de la micro histoire et a aussi sans doute inspiré l'excellente scène de On connaît la chanson:

Bon, allez, bye bye l'an 1'000, on va faire un petit saut d'une dizaine de siècles dès le prochain billet, promis!

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  • Dernière modification : 2026/07/03 08:28
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