Olivier Assayas, Le Mage du Kremlin
Synopsis
“Avec Le Mage du Kremlin, le réalisateur Olivier Assayas signe un thriller politique dense et dérangeant, qui ausculte moins la figure de Vladimir Poutine que le système d’images, de récits et de stratégies ayant rendu possible son accès au pouvoir. Adapté du roman de Giuliano da Empoli, le film s’inscrit dans une veine résolument contemporaine : celle d’un monde où la domination ne se conquiert plus seulement par la force, mais par la maîtrise précise du récit.”1)
Note Fred
D'après ce que j'avais lu, je ne comptais pas vraiment voir ce film, mais un ami me l'a proposé et j'en suis sorti plutôt content.
Je m'étais demandé comment diable Assayas prévoyait d'adapter l'excellent bouquin éponyme de Giuliano Da Empoli, quel projet idiot!
Et ben… c'est assez réussi, malgré un certain nombre d'éléments divergents, parfois énervants, d'autres fois non, mentionnons notamment:
- Vladi n'est jamais nommément cité et n'a pratiquement aucune place dans le livre, à l'image du Prince de Machiavel
- il manque explicitement la théorie du “potemkinisme” – la création de réalités factices
- il y a une jolie nana, une fille, une famille quoi, alors que dans le bouquin le mage est justement condamné à la solitude et reste totalement misanthrope
- le “gang des motards”, inspirée de la réalité historique2) et si j'ai été peu convaincu par le jeu un peu patachon de Paul Dano dans le rôle du mage (le personnage fictif de Vadim Baranov, inspiré de Владислав Юрьевич Сурков, celui de Jude Law dans le rôle du Vlady m'a enthousiasmé; un peu à l'instar de son excellente incarnation papale dans The Young Pope de Sorrentino (tiens, je n'avais pas fait de billet sur cette série plutôt réussie du grand Sorrentino), on sent que l'acteur britannique s'est complètement lâché et bien amusé à jouer un vrai méchant, qu'il parvient même à parfois humaniser, et avec ce maléfique gaillard ce n'était pas gagné d'avance!
Et puis, la visite chez l'atroce Limonov est franchement réussie et cerne bien l'un des aspects essentiels du bouquin - et de la réalité contemporaine du pouvoir bolchévico-tsarico-tragico-russo-poutinien.
Bref: à aller voir, peut-être de préférence pas dans le petite salle du Nord-Sud si vous voulez éviter une thrombose.
En savoir plus
- un article sur le film sur moka-mag.com (dont est tiré le résumé, merci!)
- la fin - je spoile pas - beaucoup plus cinématographique
- etc. etc.