La Grande Peur (aka 2026 Genferei)
Je sais pas vous, mais moi j'observe avec inquiétude l'évolution du contexte polique international et local.
Et récemment, avec la venue du G71), on en a une illustration particulièrement marquante.
Un p'tit billet écrit par ma pomme avec des prophéties nostradamesques…
2003 vs 2026 : leçons d’un traumatisme
Les émeutes du G8 de 2003 à Genève ont marqué les esprits : quelque 80'000 à 100'000 manifestants, des déprédations massives dans les Rues-Basses, et des dégâts estimés à 40 millions de francs suisses (dont 18 millions remboursés par la France). La lenteur des renforts policiers et l’absence d’anticipation avaient été vivement critiquées.2)
Aujourd’hui, le canton de Genève assure avoir tiré les leçons : meilleure coordination avec la Confédération, accords avec la France, et restructuration du renseignement. Pourtant, des similitudes avec 2003 persistent, comme une autorisation tardive de la manifestation et une psychose sécuritaire heureusement dénoncée par certains altermondialistes.
Dispositif XXL : un “sarcophage en bois” pour une université ?
Le dispositif annoncé pour le G7 est colossal :
France: 15’000 personnes mobilisées, dont plus de 13’000 policiers et gendarmes, 830 agents aux frontières, 30 embarcations sur le Léman3).
Suisse: jusqu’à 4000 militaires, des contrôles frontaliers renforcés, et une restriction de l’espace aérien dans toute la région lémanique4).
Face à ce déploiement, les mesures locales impressionnent. Les palissades autour de l’Université (Uni-Dufour) - ridicule “sarcophage en bois” - et la fermeture des bâtiments publics s’inscrivent dans cette logique barricadière, qui assimile des bâtiments publics, de surcroît académique, aux banques privées voisines.
Pourtant, on le sait bien: plus l’appareil sécuritaire se renforce, plus il crée un climat anxiogène, attisant le ressentiment et exacerberbant les tensions.
Décryptage des rumeurs (bats, boules, black blocs)
Rumeurs entendues par mes deux petites oreilles (j'suis pas Van Gogh moi):
- le mari de ma belle-soeur 5) travaille chez Ochsner sports, il y a eu une ruée sur les battes de base-ball (sous-entendu: ce sont des black blocks qui se préparent à tout casser)
- un policier m'a dit qu'il y a eu un achat massif de boule de bowling sur internet depuis la Suisse et la France voisine (là aussi, sous-entendu, les black blocks s'équipent pour faire la guerre…)
Aucune source fiable ne confirme un “achat massif” de battes de baseball ou de boules de bowling. Mes recherches sur le web, aidé par l'IA d'infomaniak, ne montrent que des pages commerciales habituelles, sans aucun pic d’achat inhabituel.
Si de tels achats étaient réels, rien ne prouve qu’ils soient destinés à des black blocs. La police, des groupuscules d’extrême droite, ou même des collectionneurs pourraient en être à l’origine. Les rumeurs sont souvent instrumentalisées.
Depuis 2003, l’influence des black blocs et du mouvement altermondialiste a largement diminué, tandis que l’extrême droite (notamment l’UDC) a gagné du terrain électoralement.
Le discours sécuritaire sert aujourd’hui à légitimer un renforcement de l’appareil répressif.
Matricules: circulez, y'a rien à voir!
La conseillère d’État Carole-Anne Kast a refusé le port du matricule pour tous les policiers lors des manifestations6).
Une “solution alternative” semble avoir été trouvée7), sans préciser de code d’identification visible. Cette décision a été dénoncée par les organisateurs pacifistes comme un manque de transparence et une source potentielle de violences policières.
Depuis octobre 2025 on est plus à se demander si cette personne est de gauche, mais là c'est toujours plus accablant: sans identification claire, la police reste un bloc anonyme (mais pas black?), ce qui augmente les risques de débordements et entretient un climat de défiance.
À nouveau le cercle vicieux: moins les forces de l’ordre sont identifiables, plus la colère des manifestants peut monter, et plus la répression risque d’être violente.
À qui profite le crime?
L’extrême droite (UDC, MCG et sympathisant·es) utilise ces rumeurs pour imposer son agenda :
- Motion M 3147 : déposée en août 2025, elle demande de protéger Genève contre les “hordes de black blocs”, en évoquant le traumatisme de 2003 et un coût de 40 millions de francs.
- Climat anxiogène : ces récits alimentent une peur artificielle, renforçant la popularité de leurs discours sécuritaires et leur mainmise idéologique.
- Double langage : tout en se posant en victimes, ces partis profitent de ce climat pour demander toujours plus de crédits pour la répression.
On parie?
J'ai parié avec mon voisin pizzaiolo8) que sa vitrine n'aurait pas de souci, justement protégée par la proximité avec les prétendus agitateurs (bien entendu touXtes islamo-gauchistes) dont le siège logistique sera l'Îlot XIII.
Et globalement, je pense qu'on va assister à un soufflé dégonflé - et pas à l'explosion du Hindenburg.
Que faire?
- venir à la manif
- parler aux excité·es du bocal (s'il y en a)
- leur dire qu'ils servent le jeu du capital et de ses sbires armés.
Et rester calme et pacifique, surtout face aux provocations.
Et à voir l'ambiance, il y en aura.
Infos pratiques:
La manifestation No G7 qui partira dimanche – autorisation de rassemblement dès 15h – du parc Mon Repos (Perle du Lac) pour se diriger sur les quais de la rive droite, empruntera la rue de Chantepoulet puis celle de la Servette – en évitant la gare Cornavin –, elle rejoindra la rue du Grand-Pré, la place des Nations et finalement son point de départ9).
Conclusion: La Grande Peur - et un peu d'optimisme
La Grande Peur est un mouvement de peur collective qui s'est répandu en France, essentiellement du 20 juillet au 6 août 1789, et s'est prolongé au-delà. Les épisodes de peur sont parfois suivis de révoltes anti-seigneuriales et d’émeutes frumentaires en ville, mais les phénomènes sont disjoints. Ils aboutissent à la création de milices sur tout le territoire, qui, sous la direction de l’Assemblée nationale, évoluent en gardes nationales et au mouvement des fédérations de ces mêmes gardes qui culmine lors de la fête de la Fédération le 14 juillet 1790, moment de reprise en main du mouvement populaire.
La Grande Peur et les révoltes anti-seigneuriales simultanées apparaissent en même temps que s'effondre l'autorité de l'Ancien Régime, et elles engendrent un important mouvement d'émigration de la noblesse[1]. Elles provoquent aussi la surprise — et l'inquiétude — des nouvelles autorités politiques[1] et entraînent, en réponse à celles-ci, l'abolition des privilèges.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Peur
Allez: un peu d'espoir.
Avec une bonne dose de pacifisme, le G7 de 2026 précurseur de l'abolition du capitalisme?
Raison de plus pour venir participer à un événement qui va modifier l'histoire