Sophie Bessis, La civilisation judéo-chrétienne, anatomie d'une imposture

Depuis quarante ans, le concept de « civilisation judéochrétienne » domine les discours politiques et médiatiques en Occident, présenté comme le socle culturel de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Mais que cache cette expression devenue une référence hégémonique ?

Récupéré par des acteurs variés – États, mouvements politiques ou nationalismes – ce concept est utilisé de toutes parts pour réécrire l’histoire, servant en Europe à occulter deux millénaires de persécutions antisémites, à nier l’apport de l’Orient dans son passé et à exclure l’islam de ses références culturelles. Le sionisme puis l’État d’Israël à partir de sa création ont eu besoin d’affirmer leur ancrage exclusif à l’Occident, se proclamant aujourd’hui comme le « bastion avancé de la civilisation judéochrétienne » face à « l’ennemi arabo-musulman », tandis que les nationalismes arabes ont vu dans cette expression un instrument commode pour nier la dimension juive de l’histoire de leurs propres pays.

Sophie Bessis dévoile comment ce binôme, loin d’être neutre, est utilisé partout pour rendre impossibles des convergences culturelles et politiques

Un petit ouvrage très vite lu qui offre un bon résumé sur cette grosse arnaque et ses apories - notamment le fait que le concept est porté par des néo-fafs ex-antisémites pour défendre une soi-disant “démocratie”, dernier avant-poste de l'Occident face au cruel (et musulman) Orient, mais qui a plus à voir avec la Hongrie d'Orban et l'Inde de Modi qu'avec l'Athène1) classique. Et puis, quel plaisir de lire un auteur qui sait encore manier la dialectique et non pas une bête et binaire logique artistotélicienne du tiers exclu!


1)
ou alors peut-être avec celle, encore plus classique, de la Tène
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  • Dernière modification : 2026/07/03 08:28
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