Nassé

Note Fred

Manif No G7 d'hier.

Est-ce que mes prophéties nostradamesques se sont vérifiées?

Shazam!… Ben oui.

Malheureusement.

Au départ, je passe un contrôle de police avec la fanfare des Cropettes - ils vérifient que les instruments ne contiennent pas de bombe artisanale (moi, aucun contrôle… faut dire que je n'ai pas de sac).

Une chouette ambiance, toute douce, et des milliers de personnes qui arrivent pacifiquement sur les quais.

C'est noir de monde et il fait carrément chaud.

Autour de moi, personne en noir, personne de masqué.

Une photo prise par mes petites paluches pour preuve:

Bon, côté dermatologie et points noirs, il y a quand même aussi des djeunes en noir qui passent très rapidement sur les côtés - ou de l'autre côté de la cage à souris.

Tout du look djihadiste.

Sinistres.

Vu les contrôles, j'ignore comment ils sont passés et sont en outre - vu ce qui s'est passé après - pourvu de matos pas très pacifique.

Départ un peu angoissant, tout est canalisé, on est des dizaines de milliers et on marche - quand on marche - entre des grilles, encadré comme des vaches par des musclors en noir.

La question, presque ontologique, est: qui est prisonnier de qui?

Les djihadistes sont - de l'avis même de la police après coup, quelques centaines, soit vraisemblablement moins de 1% des manifestant·es; je regarde attentivement mais ne vois pratiquement aucun Men in Black, à part les policiers qui partagent avec les Black Blocks le côté biscoteaux et petit cerveau.

À la gare routière, premier incident: une bagnole (on saura après coup que c'est une Tesla) est en feu.

Il y a aussi des vélos qui crament: intelligent de brûler des vélos.

Et pas de pompiers, alors que visiblement la bagnole a pris feu depuis un bon moment.

Sur la Servette (je n'évoquerai pas le trajet complètement débile imposé à cette manif), une agence Raifeisen a pris un caillou. Effectivement, une bonne cible par rapport à UBS, Crédit Suisse etc.

D'autres incidents mineurs et tout aussi intelligents (arrachage systématique des sacs poubelles, départ de petits feux dans les poubelles des arrêts TPG.

Visiblement, les provos doivent être en tête de cortège, je suis pas si loin mais je ne vois rien sinon des trucs qui fumotent - et c'est pas des pétards.

En face de Varembé, on distingue une légère fumée, et là on se fait gazer sévère par la police. Avec des vieux, des familles etc. Heureusement que le service d'ordre de la manif réagit vite et distribue du sérum phy pour les yeux, et que tout le monde s'entraide. On doit être un bon millier à fuir, mais partout d'autres policiers nous refoulent.

Les habitant·es ouvrent les portes pour nous aider - on verra cela aussi plus tard, sur l'av. de France. Je me demande comment cela se serait passé rive gauche.

J'ai un peu de mal à respirer et carrément mal aux yeux, mais petit à petit ça va mieux.

Je retrouve nos ami·es après, en face du collègue Sismondi, après un peu de gymnastique pour rejoindre la manif en passant les contrôles de police sans se faire arrêter.

Au croisement av. de France / rte de Lausanne, rebelote. On voit partir quelques pétards (dans la foule on parle de “mortiers” mais j'ai des doutes qu'il s'agisse de matos militaire… ça fait plutôt pétards d'ados, à nouveau pas à fumer) et la police réplique à nouveau en gazant copieusement la population civile et en nassant tout le monde.

On finit par parvenir à rejoindre le musée d'histoire des sciences, notre point de départ.

Sur les quais, les touristes déambulent, mais sur la route et dans le parc, c'est guerilla urbaine.

On est juste à côté, à boire une bière et c'est zone de paix.

Ma belle-mère, qui a participé au début de la manif, a eu rapidement mal et nos filles s'en sont occupées et sont rentrées à la maison avec elle, on a donc la bonne idée de rentrer vers 20h pour voir comment elles vont. Pas simple de sortir, on est avec des touristes qui se demandent ce qui se passe - la seule solution est de longer le lac à quelques mètres du rivage, on peut enfin rejoindre les Pâquis à la hauteur de la rue de Chateaubriand.

Une escouade de policiers en tenue anti-émeute surveillent le parc de jeux pour enfants (???), en matant les musclors qui font de la gym.

On a eu pas mal de chance, car il semble que vers 20h30 / 21h, il devient carrément impossible de sortir et que des centaines de personnes, dont des habitants et touristes qui n'avaient rien à voir avec la manif se sont retrouvés coincés jusqu'à 6h du mat, avec à la clé contrôle d'identité et mini-interrogatoire.

Le soir, je ramène en bagnole ma belle-mère et au retour, je me fais interdire l'accès à la place des Nations et la rue Montbrillant.

Au policier en tenue à qui j'essaie d'expliquer que j'habite là, il me hurle dessus à trois reprises: “Recht, nur Recht!”.

Bon. À droite toute, ça, j'avais compris.

Au final

Ce qui me chaut - et m'a fait chaud au coeur :

  • pour le moment, les médias sont mesurés et semblent rapporter correctement ce qui s'est passé, à savoir, au final, une manif maousse (20K selon la police, 60K selon les organisateurs) et plutôt pacifique
  • à part les idiot·s en noir (de tout bord), une chouette ambiance

Ce qui me navre - et me fait froid dans le dos :

  • l'attitude des idiot·s en noir susmentionnés, d'ailleurs très largement masculins - le comble pour le jour de la grève féminine!
  • l'absence visible de test par un·e oculiste de nos forces de l'ordre, qui tirent sur la population civile au lieu de viser les idiot·es sus-mentionnés1)

Est-il vraiment impossible à la police d'intervenir sans tirer dans la masse?

Madame Kast, personnellement je démisionnerai; OK, ça affaiblirait la gauche mais ce n'est pas possible de défendre une police qui ressemble de plus en plus à Tsahal.

Ou alors, changez de parti et venez participer aux violences policières en personne. C'est semble-t-il très tendance.

Voir aussi


1)
ou alors c'est une forme spéciale de daltonisme, qui ne sait pas distinguer le violet clair du noir
  • billets/2026/0615nasse.txt
  • Dernière modification : 2026/07/03 08:28
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